~ La Cartographie ~

 

~ La Cartographie ~

 

Si une image vaut mille mots, alors une carte vaut cent images

Mon voyage artistique a véritablement commencé avec la cartographie. Comment en aurait-il pu être autrement ? J’avais déjà très tôt ce désir d’explorer, d’aller au-delà du monde déjà à ma portée. D’emblée, malgré l’excitation à l’idée de ce périple, je sentais en moi une vive émotion que je n’arrivais pas à identifier. J’avais besoin de savoir. Alors pour ce voyage vers l’inconnu et vers moi-même, il me fallait un outil qui m’aiderait pour m’orienter, tout en m’incitant à faire des détours, et même me perdre : une carte.

Un ensemble de cartes historiques, qui présentent beaucoup plus que de la simple géographie.

S’inspirer du passé 

Il est clair pour moi que la carte est surtout cet objet antique qui n’illustre pas forcement le monde d’une manière objective. En effet : une carte reflète surtout la vision du monde qu’a la culture qui l’illustre. Elle devient alors l’occasion d’étaler des information sur les mythes, coutumes et figures importantes de l’univers représenté.

C’est là l’un des puissants paradoxes de ces objets : il se veut précis et objectif dans la représentation d’un monde, tout en étant biaisé par l’allégeance qu’il porte à ses commanditaires. Cela se remarque particulièrement avec les cartes de l’époque médiévale, dont les bordures sont ornées des blasons de la famille royale et ses vassaux.

La cartographie : un guide pour s’égarer toujours plus loin 

Ainsi, à mes yeux, la carte est l’œuvre ultime. Elle est un objet historique, et une œuvre magnifique dans laquelle l’artiste déballe tout son potentiel, et qui incite à briser les règles de composition. Quelle meilleure œuvre qu’une carte, pour partir explorer une terre inconnue ? Pour se perdre dans sa géographie, sa géopolitique, les subtilités des cultures des peuples qui y vivent ? Pour faire la connaissance de créatures étranges ? C’est du tout-en-un, et c’est pour ça que c’est si beau.

S’orienter en fonction de l’univers et son époque

Si au départ la cartographie pouvait servir de support pour représenter une mythologie ou des acteurs importants en plus de la géographie d’un état, elle s’est par la suite modernisée pour devenir davantage l’objet technique que l’on connaît, plutôt qu’un vecteur culturel. Et pourtant, comment pourrait-on ne voir aucune beauté dans ces cartes modernes ? Elles aussi peuvent être saturées d’information, il suffit d’avoir l’œil pour les comprendre.

La dernière mutation de la cartographie est celle qui m’a tout particulièrement touché, et celle qui m’inspire le plus. Ceux d’entre vous qui me connaissent savent à quel point j’ai pu me perdre dans les jeux vidéo, tout particulièrement les MMO. Pour que notre personnage puisse naviguer dans ces grands univers, il leur faut une carte. Ainsi, la carte de Fantasy reprend les codes anciens pour développer une plastique authentique et convaincante, tout en se donnant pour objectif d’être aussi lisible que la cartographie moderne. Et là, on tombe en plein dans quelque chose d’absolument fabuleux. Une carte connectée à ses racines antiques et qui a ce seul titre mérite bien le titre « d’œuvre », et qui fait aussi le lien avec le moderne, qui s’accommode à l’œil de l’Homme de notre époque. Voilà ce qu’est vraiment la carte pour moi : une œuvre parfaite, intemporel, véhicule suprême d’une évasion vers des horizons encore inconnus.

Imaginée pour un univers post-époque industrielle, cette œuvre conserve l’âme spectaculaire des anciennes cartes, tout en reprenant la lisibilité des productions plus modernes.

Un art pour fuir l’immobilisme contemporain

C’est alors que j’ai compris quel était ce sentiment que je traînais avec moi depuis le début de mon périple. C’est un élan de mélancolie et de frustration, né avant même que je n’esquisse ma toute première carte. Selon moi, l’humain est un explorateur né. C’est dans ses gênes. Notre destin est déjà écrit, et il dicte que nous devrons voyager dans chaque recoin de chaque plan de l’existence. Hélas, aujourd’hui, nous sommes à la pire des époques pour le voyageur dans l’âme : né trop tard pour explorer le monde, car tout a été déjà vu par nos ancêtres, et né trop tôt pour explorer l’univers. Nous en sommes là, coincé dans l’antichambre entre le passé conquis et le futur inconnu, et il n’est pas possible de s’échapper… À moins de se faire ses propres périples, ses propres voyages. Aujourd’hui, je sais que cette fébrilité que je ressens me vient de ça. Je sais que si je ne m’élance pas vers l’inconnu à travers mes œuvres, je me rappelle cette terrible vérité. Je ne cartographie pas seulement par amour pour cet art, mais aussi par besoin vital, pour ne pas devenir fou.

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