Cours – Les bases de l’aquarelle
Publié le : 08.25.2020

L’aquarelle : un médium intimidant

De prime abord l’aquarelle peut sembler être un médium intimidant. Ses couleurs n’ont pas le même rendu sur la palette que sur le papier, leur éclat dépend de la quantité d’eau qu’on y ajoute, on ne maitrise pas toujours la diffusion des pigments… Elle présente beaucoup de spécificités qu’il faut connaître pour pouvoir faire de belles choses avec. En procédant étape par étape, nous allons voir que l’aquarelle est en réalité un médium extrêmement intéressant, dont les spécificités en font la force.

Dans aquarelle il y a “aqua”

S’il y a “aqua” dans le terme aquarelle c’est parce que cette peinture ne s’utilise qu’avec de l’eau, même quand on parle de “sec sur sec”. L’aquarelle se présente généralement en godets qui sont des petits bacs en plastique dans lequel repose un cube de pigments solides. La couleur ne se détache de ce petit cube que lorsqu’on vient la frotter avec de l’eau. Sans eau, on ne peut pas charger son pinceau !

Mais quelle quantité d’eau doit-on utiliser ? Est-ce que mettre peu ou beaucoup d’eau change quoi que ce soit ? C’est cette première caractéristique de l’aquarelle que nous allons découvrir avec le petit exercice suivant, pour lequel nous allons avoir besoin de préparer quatre petits carrés comme ceci :

Ensuite, chaque carré sera peint avec un mélange qui contient de plus en plus d’eau. On constate que plus les pigments sont dilués, plus la teinte qu’on applique tend à être transparente.

1 : 80% de pigments, 20% d’eau – 4 : 10% de pigments, 90% d’eau. Le blanc du papier apparaît sous la couleur.

La transparence de l’aquarelle est l’une de ses caractéristiques les plus importantes. À l’inverse de l’acrylique, l’huile, l’encre de Chine ou d’autres médiums très opaques, on peut très facilement jouer avec la transparence de l’aquarelle pour obtenir divers effets. Le plus simple est d’ajouter plus d’eau à notre mélange pour que sa transparence laisse entrevoir la couleur du support en dessous et les motifs qui y sont dessinés

Ici le motif à été dessiné avant l’application de la couche de jaune. On le voit apparaître au travers.

Des outils propres

Plus qu’avec n’importe quel autre type de peinture, il est crucial de garder des outils propres avec l’aquarelle. C’est un rappel qui peut sembler élémentaire ; pourtant, il suffit d’une note de bleu encore diluée dans notre pinceau pour “contaminer” tout notre godet de jaune, et faire du vert par accident. Quand on passe d’un godet à l’autre, il est impératif de bien nettoyer son pinceau en le rinçant dans un verre d’eau. Pour s’assurer qu’il n’y a plus de pigments sur le pinceau, il suffit de le frotter contre un morceau d’essuie-tout.

Une palette avec des godets contaminés

On n’est pas à l’abri d’un accident. Si nos godets se retrouvent contaminés, pas de panique : il suffit de les frotter avec un pinceau humide comme pour en prélever normalement les pigments, tout en lavant régulièrement notre pinceau, ce jusqu’à ce que la couleur soit de nouveau pure.

Sec sur sec, humide sur sec, humide sur humide

Il y a trois façons d’appliquer l’aquarelle : sec sur sec, humide sur sec, humide sur humide. Pour chacune de ces techniques, on applique des pigments plus ou moins dilués sur un support dont le degré d’humidité varie.

Sec sur sec

Pour cette technique on applique de l’aquarelle avec très peu d’eau sur une feuille sèche. Le premier “sec” désigne le degré de dilution de notre peinture (ici presque nul) et le second “sec” désigne le degré d’humidité du support (ici nul). Appliquer l’aquarelle de cette manière permet de faire des brossages pour ne déposer les pigments que sur les reliefs hauts de notre papier. C’est l’idéal pour obtenir des effets de textures rapides et naturelles.

Plus le papier est texturé et épais, plus l’effet est visible.

Humide sur sec

Ici, on applique de l’aquarelle diluée sur une feuille sèche. C’est la technique dont je me sers le plus pour “colorier” des zones définies précises. Il suffit généralement de deux ou trois couches posées de cette manière pour avoir des effets d’ombres et de lumière déjà très convaincants. Il faut voir ça un peu comme du coloriage au feutre.

Humide sur humide

Cette technique met en valeur la beauté de l’aquarelle. On applique un mélange dilué sur un support déjà humide. La nature fluide de l’aquarelle fait le reste : elle va se diffuser comme bon lui semble et donner ces effets gracieux sur toute la surface touchée. Ici, il ne faut pas chercher à contrôler 100% de ce qui se passe sur le papier. On laisse la teinte de répandre. Je me sers beaucoup de cette techniques pour peindre des cieux, mais aussi pour faire mes textures de parchemins.

Conclusion

On a vu que l’aquarelle est indissociable de l’eau, et que plus on dilue nos pigments, plus notre mélange tend à être transparent. Cette transparence peut être un avantage pour faire ressortir les motifs déjà appliqués au support ou pour superposer les bandes de couleur et les faire se mélanger. Enfin, il est possible d’appliquer l’aquarelle de trois manières : sec sur sec, humide sur sec, et humide sur humide.

Argonaus - Théo Moret

Argonaus - Théo Moret

Illustrateur indépendant

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Tags : Aquarelle | Cours | Tuto
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