Illustration type dessin technique en couleur de deux pistolets dieselpunk

~ L’illustration industrielle artistique ~

 

Faire d’une peine un art

Entre mes études en électronique et en mécanique au lycée, et mes premières expériences professionnelles qui se sont déroulées sur des chantiers de maintenance en usine, on aurait pu jurer que je me destinais à une vie dans l’industrie, dans les machines et le bruit. Pour moi, c’était la voie ”par défaut”, celle qu’il faudrait suivre parce que c’était bien pratique, parce qu’on y trouvait du travail, parce que ma famille y était déjà présente. En réalité, d’avoir fait des études dans ce domaine, et d’y avoir accompli quelques missions, m’a fait me rendre compte d’une chose : que je devrais tout faire pour ne plus jamais y mettre les pieds.

La suite, on la connaît : j’ai dévié de cette voie pour arriver, heureusement, dans l’art ! Néanmoins, je ne trouvais pas juste de simplement pousser toute cette partie de ma vie sous le tapis et l’oublier. Quand mon œil artistique s’est développé, j’ai su trouver de la beauté dans le mouvement régulier et millimétré des machines d’assemblage, et une puissance dans les outils qui plient l’acier aux desseins de l’homme.

Une harmonie se dégage de ces plans, malgré (ou grâce à ?) leur nature très technique.

La beauté là où on ne s’y attend pas

Au lycée, on nous a introduit au dessin technique industriel. Si j’étais moyen dans toutes les autres matières (sauf les littéraires), j’étais plutôt bon en dessin technique, et j’y trouvais un certain plaisir. C’est sans doute en parti grâce à notre professeur, un homme patient et toujours très souriant malgré le peu de volonté qu’on pouvait démontrer à l’époque. Il y a un véritable esthétisme dans l’agencement de traits parfaitement droits et propres, aux courbes mesurées et dans l’imbrication des nombreuses pièces. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à en faire. Pourquoi ? Pour la recherche du Beau, mais aussi pour me réapproprier une science liée à la période de ma vie que j’ai le moins supporté.

Le paradoxe d’un art-science

Dès mes premiers essais, j’ai compris le potentiel de ce que j’appelle l’illustration technique artistique. Là où cette science graphique est utilisée aujourd’hui avec une rigueur extrême pour concevoir notre Futur, j’allais l’employer avec légèreté pour dessiner mon Peut-être. C’est le médium parfait pour représenter des outils, des accessoires, des armes, des véhicules et autres machines : sur le support se combinent l’exactitude inflexible du schéma d’industrie et la volatilité impulsive du trait d’art, qui se marient en ce paradoxe donnant à l’œuvre finale une aura de plausibilité, sans qu’elle ne renie son côté graphique et fantastique.

Avec ce nouvel art, je disposais d’une arme supplémentaire pour explorer plus loin encore les univers fantastiques. Je pouvais désormais illustrer dans les moindres détails les technologies improbables de tous ces peuples que j’ai rencontré lors de mes périples artistiques, dans mes cartes. J’ai découvert que c’est un merveilleux moyen de leur donner du caractère : plutôt qu’une longue description sur l’identité visuelle d’une faction, pourquoi pas une série de dessins techniques précis et mystérieux, que seul le curieux peut comprendre ? Un nouvel horizon à explorer s’ouvrait.

Un zoom sur l’artillerie massive et les tours de commandement d’un Zeppelin steampunk, format 50×70, tracé avec des marqueurs à encre de chine très fins.

Sérénité

Aujourd’hui, comme la cartographie, cet art est pour moi très thérapeutique : il me permet non seulement de ne pas renier ce domaine dans lequel une partie ma jeunesse s’est écoulée, mais en plus de mettre à profit de vieilles compétences remises au goût du jour pour servir ma démarche, le tout dans une sérénité aux antipodes de mon aversion passée pour l’odeur du métal chauffé et du crissement des meuleuses.

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